-Salut Laurent, avant de commencer, je te laisse te présenter d’accord ?

Ok, salut Jeff, mais pour les intimes c’est  « Ken » ou « El costaud » ou je ne sais quoi d’autres encore, ahah! Plus sérieusement, je m’appelle Laurent Nicolas, j’ai 37 ans,  je suis marié, deux enfants de 9 et 6 ans et j’habite à Tarnos. Depuis peu j’ai intégré l’équipe de Comaplast à Bayonne en tant que chef magasinier. Bien évidemment le bodysurf  est mon sport passion, mais je pratique également le vélo, la course à pied, le roller et bien d’autres encore…

 

-Depuis quand pratiques-tu le bodysurf, et pourquoi avoir choisi cette discipline ?

Ah le Bodysurf !!!  Je pratique cette discipline, ouf, depuis à peu près une vingtaine d’années, j’ai d’abord surfé et fais du bodyboard également  pendant plusieurs années, à l’époque où nous étions maximum une dizaine à l’eau, c’était le bon temps. Après est arrivé la peuplade, ça m’a fatigué tout ce monde et j’ai fait un break pendant quelques mois. Glisse Expo ça te parle, j’y ai rencontré le grand Mike Stewart et je l’ai vu glisser sans son bug à la barre dans le short break, une révélation, depuis je n’ai jamais plus lâché mes palmes, je suis devenu un inconditionnel du bodysurf. Une nouvelle façon de glisser, de nouvelles sensations et une débauche d’énergie  incroyable. Le contact avec la vague, mettre tous ses sens en éveil avec des poussées d’adrénaline à te faire péter le cœur. Tout simplement énorme ! Un choix qui s’est tout naturellement imposé à moi. Mon terrain de jeu : les Landes bien sûr comme tu le sais, de la digue jusqu’à Soustons à peu près. Bien entendu Labenne restant mon spot de prédilection.

 

 

-Quel est ton meilleur souvenir à l’eau ?

Evidemment, après le nombre d’années passées à l’eau, les moments inoubliables ne manquent pas… Tout seul ou entre amis, par beau temps ou par pluies battantes. C’est clair, j’ai plein de merveilleux souvenirs. De belles rencontres aussi, comme avec mon beauf Bilin ou Laurent Bussy, Laurent Masurel, Hugo Verlomme, Fred Compagnon, tous les locaux de Labenne aussi, et bien d’autres encore. Ces dernières années, j’ai pu faire la connaissance d’autres bodysurfers comme Vincent Rousseau, une autre belle rencontre ! Et toi Jeff également, tu en fais partie.  😉

 

-Tu es aujourd’hui plus freerider que compét, pourtant tu gardes toujours un œil sur le Willy Cote Challenge n’est-ce pas ?

Oui tel un ours je suis assez solitaire voir individualiste. J’aime le calme et donc tout m’oppose à ce monde qu’est la compétition. Pour moi, le bodysurf est plus un état d’esprit que l’on ne peut formater, et réduire à une rencontre orchestrée par des juges, des attentes insoutenables, alors que devant toi déferle des bombes !  Non vraiment, j’ai du mal. C’est vrai que j’ai eu participé à quelques rencontres, comme récemment à anglet, le Old School, organisé d’ailleurs par mon ami Vincent Rousseau, une belle journée malgré de petites conditions. Oui j’ai également participé au Willy Cote Challenge, pareil par amitié pour un grand homme qu’est Popeye et que je respecte beaucoup,  un véritable homme de l’océan, qui n’a pas hésité à se jeter dans de gros shorebreaks à la Gravière en 2008. Mais non au final, j’aime trop ma liberté. Malgré tout, je trouve que la fédé fait un super boulot pour les jeunes bodysurfers Français, c’est formidable et faut que ça dure !

 

-Quels sont les dangers spécifiques au bodysurf ?

Il est vrai que de se retrouver au beau milieu d’une dizaine de surfeurs avec juste votre tête qui sort de l’eau, c’est périlleux. Très souvent ils t’ignorent, donc à toi de te signaler pour éviter toute collision avec une fâcheuse dérive. D’ailleurs il y a quelques années un surfeur m’a heurté avec sa planche alors que je glissais sur la vague, j’ai reçu sa board en pleine tempe, une grosse frayeur! Encore un grand merci à ceux qui m’ont secouru ce jour là. Par contre chez nous pas de caillasse, les Landes c’est du sable, une chance, car le nombre de fois où j’ai heurté le fond… Malheureusement, une fois en portant assistance à un touriste en détresse, je me suis éclaté la tête dans le shorebreak de Labenne, ce qui ma valu 5 points de suture, n’est-ce pas Derek Crater ?! Je pense qu’il s’en rappelle encore. La blessure qui fait le plus peur en bodysurf c’est celle qui pourrait toucher tes cervicales, oui il y a quelques années je suis passé aussi par là et j’ai eu la peur de ma vie ! Mais j’ai bien récupéré heureusement. Avec les courants et les baïnes on peut toujours revenir mais il ne faut surtout pas paniquer, par contre les méduses et les physalis, j’en ai fais l’expérience l’an dernier, quel horreur, là oui sauve qui peut par contre ! Ahah!!!

 

-On te connait « grande gueule » à l’eau, et pourtant si gentil en dehors, une sorte de docteur Jekyll et Mister Hyde en fait ? Lool

Ouaih c’est clair, c’est un peu ça, ahah !!! Non il y a beaucoup de bruit pour pas grand-chose, je n’ai jamais mangé personne encore que je sache, lool. Ce fut très difficile de pouvoir faire sa place au milieu de tous ces surfeurs, à l’époque nous étions seulement deux dans les Landes à faire du bodysurf, Laurent Bussy et moi, nous ne faisions pas le nombre pour pouvoir nous imposer naturellement. Alors des fois il fallait se fâcher un peu pour prendre une vague, autant lui que moi, avant qu’un surfeur ne te braque dangereusement. Heureusement les mentalités ont changé, le nombre de bodysurfeurs a augmenté, tous ces facteurs font que de nos jours il est plus facile de surfer avec ton corps sans te faire taxer. Mais, car il y a un «mais», le surf a pris un engouement tel que le nombre de personnes à l’eau a littéralement explosé, donc parfois un petit « Yep ! » pour prendre ta vague en toute tranquillité s’impose. Oui ça m’arrive de péter un câble quand il y a vraiment trop de monde, et du monde qui ne respecte rien surtout, rien ni personne, encore moins les bodysurfeurs et cela me met hors de moi. Mais Jeff à l’eau aussi je suis quelqu’un de gentil sans problème voir adorable. Quand tout se passe bien,  par une belle matinée ensoleillé, un vent d’est, une houle avoisinant les 2m50, tu n’es que 5 à l’eau dans des conditions de ouf, voilà de quoi se gaver en toute tranquillité, c’est arrivé plus d’une fois et ça fait du bien. Mais parfois malheureusement cela se résume en 3 mots : foule, dégoupillage et braque,  Thomas tu vois de quoi je parle… 🙂

 

-Je te remercie Lolo, et je te dis à très bientôt pour une session ensemble ! Le mot de la fin peut être ?

Pour moi avant tout le bodysurf  est un équilibre dans ma vie, d’ailleurs ma femme l’a parfaitement compris, et je la remercie de pouvoir me laisser  vivre ma passion à fond. Des sensations, des poussées d’adrénaline, des visions et des moments inoubliables de plus partagés entre amis, voilà !!! Je pense qu’ils vont devoir compter sur moi pendant encore de nombreuses années merci les gars ! Je pourrai pas tous vous citer mais, un gros merci à Alain, Arthur, Baptiste, Christophe,Vincent, Damien, Arnaud, Derek, Francklin, Fred, Lucas, Marc, Hugo, Joan, Julien, Kevin, Louis, Mathieu, Mickael, Mike, Nicolas, Olivier, Jérémy, Romain, Samy, Steeve, Stéphane, Sylvain, Thierry, Thomas, Tof, Tom,Yann, et j’en oublie ! Désolé mais j’ai du mal avec les noms de famille encore comme ça c’est plus simple. Merci à XLMag bien sûr et merci à toi Jeff pour ces moments là que j’ai gravé dans ma mémoire et que tu as capturé grâce à ton objectif et oui j’espère à très vite en aqua ensemble dans de bon et gros barrels, yes !

Crédits photos : ©Fred Compagnon / ©Jeff Ruiz

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L’occasion de vous rappeler que la Coupe de France de bodysurf aura lieu à Biscarosse les 19 & 20 mai prochains.