A 15 ans, Stanislas est de tous les entraînements du club de sauvetage côtier de Capbreton, sur toutes les compétitions, les championnats et autres Oceanmen, et quand il lui reste du temps de libre après ses études, il jette sa chevelure blonde une nouvelle fois à l’eau pour une session de surf ou de bodysurf entre potes, et quand il n’y a pas de vague me direz-vous, et bien nous avons justement profité de ce moment là pour lui demander de répondre à nos questions !

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# 1 Salut Stan, avant de rentrer dans le vif du sujet, et comme le veux la tradition ici, je te laisse te présenter en quelques mots  à nos lecteurs.

 Salut à tous, moi c’est Stan, j’ai 15ans. Je suis né le 11 décembre 1998 à Paris (un peu loin de la mer, ahah !). Mais très vite, à l’âge de 18 mois,  je suis parti vivre sur Capbreton. Et aujourd’hui, je vis toujours dans le 40 mais à Saint Vincent de Tyrosse, c’est également ici où je fais ma scolarité, au lycée Sud des Landes et je passe en 1ère ES l’an prochain. Je pratique le sauvetage côtier depuis l’âge de mes 9 ans mais plus régulièrement depuis maintenant 4 ans. Je suis licencié au club de Capbreton où l’on me propose de multiples entraînements côtiers et eau-plate (piscine) chaque semaine et tout au long de l’année.

 

#2 Peux-tu nous dire comment en es-tu arrivé à choisir le sauvetage côtier comme sport de prédilection ?

Tout a commencé quand j’avais 9ans, cela faisait déjà 4 ans que je pratiquais le surf et je commençais de plus en plus à m’éloigner du bord et à prendre de plus grosses vagues. En tant que « bonne maman responsable », ma mère m’a inscrit, alors que je n’étais pas du tout d’accord, au Capbreton Sauvetage Côtier afin de prendre de l’assurance et mieux me débrouiller seul pour surfer en cas de conditions dangereuses. Après avoir participé à quelques entraînements, j’ai découvert que ce sport me plaisait  bien, qu’il était assez physique et restait basé sur l’océan qui est pour moi une chose essentielle.

Ensuite en 2010, une section sauvetage côtier a été créé pour la première fois en France à Capbreton, ce qui permet de combiner chaque jour les études et les entraînements. C’est à partir de ce moment que ce sport à commencer à devenir plus qu’une simple activité. Les grands (séniors) de mon club sont des modèles pour moi, en plus d’avoir un niveau national, européen ou même international pour certain(e)s, ces personnes ont fait le tour du monde afin de représenter cette discipline, ce qui est quelque chose d’extra !

04A 10 ans déjà en pleine compét avec le CSC

 

#3 Tu es d’ailleurs en section sportive dans ton lycée, en quoi cela consiste exactement ?

Effectivement, je suis en section sportive sauvetage côtier au lycée Sud des Landes à Tyrosse donc comme dit précédemment. La classe sportive nous permet d’avoir des horaires aménagés afin de pouvoir s’entraîner chaque fin de journée environ deux heures. Le lundi, on va en piscine de 16h à 18h, le mardi c’est repos après la journée de cours (en grande partie car le coach s’occupe de la section collège). Le mercredi c’est de nouveau en piscine de 12h à 14h, le jeudi c’est séance côtier de 15h à 17h et le vendredi c’est de nouveau piscine de 18h à 19h.

Après, le samedi en journée, le club nous propose un entraînement côtier (ou lac) et le soir un entraînement piscine. Pour bien finir la semaine, le dimanche c’est le jour du Seigneur, soit repos et boulot ! C’est vraiment un rythme intense, on n’a pas le temps de chômer !

#4 Peux-tu nous dire comment se déroule un entraînement type au sein de ton club ?

Les entraînements types du moment, durant les vacances d’été c’est piscine à 7h30 du mat, après repos et surf la journée puis entraînement côtier (ou physique) le soir à 19h30. En côtier, on utilise le paddle (grosse planche large avec poignée), la bouée tube mais aussi le kayak. Du coup il n’y a pas vraiment d’entraînement type, c’est encore une fois très diversifié. De temps en temps, les séances de côtiers se déroulent au lac afin de s’entraîner sur la technique.

Pour la piscine, on fait beaucoup de longueur comme en natation mais se rajoute tout le travail autour des épreuves comme le remorquage du mannequin, le travail avec la bouée tube… du coup c’est un peu moins routinier que la nage pure.

01En apnée en piscine…
07…en planche à l’océan…
12…ou en kayak, le but pour Stan être complet

#5  Il y a beaucoup de spécialité au sein même du sauvetage sportif, dans laquelle te sens-tu le plus à l’aise ?

C’est vrai que ce sport regroupe beaucoup de spécialités, que ce soit niveau endurance, rapidité ou les multiples épreuves telles que le sprint, les Beach flags, la planche, la nage, le kayak et l’iron man, qui est l’épreuve reine et qui regroupe toutes ces disciplines en une.

Je me sens plus à l’aise en planche ainsi que sur des épreuves qui demandent de l’endurance comme l’iron man. Comme je surfe beaucoup, je suis habitué à ramer, ce qui m’aide à améliorer mes résultats en planche. Par contre, les courses rapides (sprint et Beach flags) sont  vraiment mon point faible. Le kayak lui, est une discipline toute récente pour moi, car c’est la première année que je la pratique en compétition. C’est une épreuve où il me manque encore beaucoup de technique et de force.

C’est une chance exceptionnelle de pouvoir participer au championnat du monde de son propre sport, j’ai encore du mal à me l’imaginer !Stan Helbig

 

#6  Tu reviens des Etats-Unis où tu as participé à une compétition locale très prisée à laquelle pas beaucoup d’étrangers n’avaient encore participé, tu peux nous en dire un mot ?

C’est en effet le dernier jour de mon road trip sur l’Ouest Américain, en juin dernier, que j’ai eu la chance de participer à une grosse compétition locale « The South Bay Dozen » qui regroupe la quasi-totalité des sauveteurs de la côte Californienne. Aux Etat-Unis, il n’y a pas de club comme en France, c’est plus une discipline professionnelle, où les pompiers et autres sauveteurs se regroupent afin de se mesurer entre eux.

J’ai participé à la course de nage aux cotés de Bryan Murphy (équipe des Etats-Unis pour la Rescue 2014) mais faute de matériel, je n’ai pas pu faire les courses de planches et de kayak. Ce fut une excellente expérience pour moi, malgré le manque d’entraînement (1 mois de coupure) et les burgers en trop, ahah !!..

Nous avons rencontré Jay Butki, avec qui nous restons en contact, et qui accompagnera l’équipe des Etats-Unis en septembre prochain à Montpellier.

06A Torance Beach, le seul Frenchie parmis les Ricains

 

#7  Ici en France, il y a eu les Inter Régions, les championnats de France, les Jeux Nautiques et j’en passe, on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer ni de se reposer sur ses lauriers en sauvetage en fait, n’est-ce pas ?

Oui, c’est un des points positifs du sauvetage, ça change tout le temps. Les Inter Régions permettent de se mesurer à d’autres clubs. Ma 3éme place au général m’a permis de me qualifier pour les 20émes Jeux Nautiques 2014. Cette rencontre s’est déroulée à Saint Gilles Croix de vie. On s’est mesuré par équipe de 4 à d’autres pays, ça a été une super semaine.

L’équipe des garçons (Paul Chaboisson, Alexis Saint Germain et Max Lafitte) est revenue avec 3 médailles sur 4 épreuves.

En ce moment, nous sommes en pleine saison côtière, il y a des compétitions presque tous les week-end, mais cette année c’est particulier car la saison d’été va se terminer par les Championnat du Monde qui vont se dérouler en septembre à Montpellier. J’y participe avec mon club la seconde semaine pour les championnats du Monde interclubs jeunes. C’est une chance exceptionnelle de pouvoir participer au championnat du monde de son propre sport, j’ai encore du mal à me l’imaginer !…

Puis dès le début de l’hiver, commencent les compétitions eau-plate et même si, à Capbreton, c’est moins notre spécialité, il faut être présent et se donner à fond !

 

#8  Quelles sont tes ambitions dans la discipline ? As-tu un titre que tu aimerais spécialement décrocher ?

 Mes objectifs de cette saison seraient de faire le plus de podiums possibles sur les diverses compétitions d’été ou du moins de m’en approcher car je suis en Cadet 1 et c’est une année difficile. Puis faire de bonnes places sur des Opens qui regroupent les catégories cadets à séniors, comme l’Oceanperf qui se déroulera samedi prochain à Hossegor. Enfin, mon but ultime pour boucler cette saison serait de passer des tours lors des épreuves au championnat du monde en septembre, ça serait génial !

 

#9 Quand tu n’es pas dans l’eau pour le sauvetage sportif, tu l’es pour faire pour du surf, du bodysurf, du bodyboard…Si tu n’aimes pas l’océan faut le dire ! 

Il est vrai que l’océan tient une grande place dans ma vie, c’est l’une des choses les plus importantes pour moi. C’est dans l’océan que je me sens bien, que je suis heureux, c’est mon repère, ma maison. Le surf est le premier sport que j’ai fais quand je suis arrivé sur Capbreton, vers l’âge de 4 ans. En parfaite harmonie avec l’océan, cette sensation de glisse me rend accro et s’il se passe une journée sans que j’aille à l’eau tu peux être sûr que j’ai mal à la tête le soir ! Toutes les conditions ne sont pas bonnes pour le surf, alors je varie avec d’autres disciplines comme le longboard (lorsque les vagues sont plus petites), le bodyboard (lorsque que c’est trop shorebreak pour surfer), le stand-up (lorsque les vagues sont petites et molles) mais aussi l’alaïa (lorsque les vagues sont petites mais déroulent et poussent). J’aime bien aussi aller faire un peu de bodysurf, je trouve ça juste magique de flotter sur l’eau et de se déplacer corps à la vague sur des mètres et des mètres !

08Le surf, la seconde passion de Stan
02En fait Stan n’a jamais trop le temps de sécher..

 

#10  Je te remercie Stan, je te souhaite bonne chance pour tes prochaines compétitions et je te laisse le mot de la fin rien que pour toi, adz !

Tout d’abord je tiens à remercier ma famille, ma mère, mon père, ma super grand-mère et mon frère qui sont toujours là pour moi, que ce soit pour mes compètes, m’amener mon matos aux entraînements ou encore me soutenir à 100% dans mon sport.

Je remercie mon coach Sébastien Roverati pour me tirer toujours vers le haut, ainsi que le club du Capbreton Sauvetage Côtier qui est un grand club avec une grande âme. Je voudrais aussi remercier Flora Manciet et Julien Lalanne, qui sont deux grands champions de mon club qui me laissent la chance de m’entraîner avec eux et me donnent des conseils, je trouve ça généreux de leur part et je les en remercie ! Merci aussi à Antony Mazzer qui m’apprend à courir, ce n’est pas gagné !

Je remercie également mes gogols de potos qui sont toujours là pour me faire rire et avec qui la vie est meilleure (ils se reconnaîtront tous, ahah !!). Et enfin,  je tiens à dire un gros merci à la marque AQUADEUS qui est mon premier sponsor et qui me donne du matos pour les compètes et les entraînements, encore un grand merci a eux ! N’hésitez pas à aller sur leur site sur lequel ils vous proposent du matos de qualité !

See you in the lineup !

09Photo collector pour un fan de glisse, avec Kelly Slater et Tom Carroll

 Crédits photos :  ©Stephan Helbig, ©Nico, ©Pascal Alibert et ©Jeff Ruiz pour XLMag® (toute reproduction ou utilisation d’images sans mon autorisation est strictement interdite)